mercredi 26 octobre 2011

Concert de gala de la FUNACV



Par une présence significative de ses membres venus de tout le pays, ce Concert doit donner une image forte de la communauté des anciens combattants, prisonniers politiques, victimes de guerre et vétérans. Cela s'impose dans les circonstances actuelles. Des possibilités de transport sont inventoriées au départ de tous les coins du pays. En souvenir des morts à la suite des conflits qui ont touché le pays,  rassemblez-vous et inscrivez vous à l'aide de la carte réponse en annexe (voir ci dessous). N'omettez pas de préciser votre adresse. Des cartes d'entrée vous seront envoyées par courrier postal.

E. Greindl
Président FUNACV





"Belgique, un roi sans pays" (Martin Buxant et Steven Samyn)

L'initiative est intéressante à double titre : consacrer tout un ouvrage au rôle politique d'Albert II (ce qui n'avait jamais été fait), et confier sa rédaction à un journaliste francophone (Martin Buxant de "La Libre Belgique") et à un journaliste néerlandophone (Steven Samyn de "De Morgen"), tous deux âgés d'une trentaine d'années. Pour mener leur enquête objective et sérieuse, ils ont rencontré des responsables politiques et des proches de la Cour.

Ce livre aborde très peu la première partie du règne d'Albert II (1993-2007) où il se mêle peu de politique et a un rôle presque protocolaire. Selon les auteurs, le Roi aurait voulu ne pas signer la loi dépénalisant l'euthanasie, mais il se serait ensuite laissé convaincre par le monde politique et n'aurait aujourd'hui aucun regret à ce sujet. En 2003, il aurait encouragé le gouvernement belge à ne pas envoyer de troupes en Irak, par crainte de voir notre pays menacé par le terrorisme. Mais il préférerait la politique pro-atlantiste du ministre de la Défense Pieter De Crem à celle plus humanitaire de son prédécesseur André Flahaut. Il manque un chapitre sur les initiatives prises par le couple royal suite à l'affaire Dutroux en 1996.

Ils racontent ensuite les décisions politiques prises par Albert II depuis 2007. Les problèmes communautaires l'ont en effet obligé à jouer un rôle nettement plus important. On découvre les coulisses de ce qui se passe derrière les grilles du palais, notamment l'influence des partis et de son chef de cabinet Jacques van Ypersele de Strihou. Le Roi prend quelques risques mais ne commet aucun faux pas. Il donne l'image d'un bon papa sympathique qui tente de recoller les morceaux entre Flamands et francophones. Mais il peut être aussi en colère, par exemple contre le jeune président du VLD Alexander De Croo qu'il accuse d'être responsable de la chute du gouvernement en 2010.

Des chapitres sont ensuite consacrés à l'entourage, au coût et à la foi de la famille royale, ainsi qu'aux personnes anoblies par le Roi. Les auteurs affirment que c'est la reine Paola qui s'opposerait à la reconnaissance officielle de Delphine Boël par son père. Ils évoquent ensuite les mauvaises relations entre le prince Philippe d'une part, et le monde politique, la presse et le chef de cabinet d'Albert II d'autre part, ainsi que le souhait de plusieurs partis d'une monarchie protocolaire (comme en Suède) pour le prochain règne.

Leur conclusion? "Jusqu'ici, Albert II a pu slalomer entre les exigences des uns et des autres. Mais chacun, aujourd'hui en Belgique, pressent que cet exercice de style a atteint ses limites et n'est plus guère tenable. Jusqu'ici, Albert II a eu les épaules assez larges que pour ne pas laisser l'édifice royal s'effondrer. Mais tout porte à croire - de la difficulté de la succession royale à l'évolution des esprits de la classe politique en passant par un pays si particulier à gouverner - que le temps presse. Jusqu'ici, ce roi est à la tête d'un pays. Jusqu'ici, ce pays a un roi. Jusqu'ici".

Si cet ouvrage intéressant est plutôt positif pour l'image d'Albert II, il brise cependant un tabou : le secret entourant les colloques singuliers entre le Roi et les responsables politiques. Certains ont été peu loquaces avec les deux journalistes, mais d'autres (comme Bart De Wever et Alexander De Croo qui n'ont pas de bonnes relations avec le souverain) ont raconté en détail leurs audiences royales. Cela ajoute donc une difficulté à la tâche d'Albert II qui devra être beaucoup plus prudent à l'avenir lors de ses consultations politiques...

Vincent Leroy
Membre de Pro Belgica Hainaut

Décès de Nadine Rochette (membre et patriote dévouée à Pro Belgica)‏

Une ardente et active collaboratrice de Pro Belgica nous a quittés. Nadine Rochette était une patriote convaincue, toujours prête à rendre service : tantôt comme porte-drapeau, tantôt comme collectrice de lots de tombola, tantôt comme bénévole au stand de Pro Belgica le 21 juillet, tantôt rédactrice pour le trimestriel Pro Belgica.

Nadine, 57 ans, était d'une générosité extrême et d'un dévouement inégalable, toujours prête à servir. Son totem chez les guides pluralistes était "Bongo je suis là!"

La présidente, les administrateurs et l'autre porte-drapeau tiennent à lui rendre hommage au nom de l'asbl en publiant ci-dessous, l'émouvant article qu'elle rédigea pour le numéro 4/2010 du Pro Belgica, après sa participation comme porte-drapeau aux cérémonies de Breendonk en septembre 2010.

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2010 : commémoration au Fort de Breendonk
Aussi grande que puisse être l'âme humaine,
Aussi "diabolique", en un instant, peut-elle devenir !

"Breendonk", un site historique et inoubliable, sur notre territoire, notre Belgique. J'en avais souvent entendu parler, mais entre les paroles et la perception visuelle, que je découvre : un univers impossible se dévoile pas après pas. D'abord, les barbelés, la guérite, j'aperçois un panneau, où il est demandé de respecter ce lieu. Déjà je me sens si petite. J'entends les cris des Allemands, l'aboiement des chiens, le groupe de prisonniers que l'on amène, leurs pas lourds, le dos courbé blessé dans leurs chairs et leurs âmes, les hurlements du commandant SS Smitt...

D'autre part, le regroupement des différents drapeaux me rappelle que chacun d'eux est le souvenir, vivant, d'hommes pleins de rêves voulant sauver notre pays et qui ont connu : le froid, la faim, la solitude morale et la torture physique, le mépris, la haine, et certains même ont fait le sacrifice de leur vie pour anéantir le nazisme.

Aujourd'hui, le temps est gris et il pleut ! Au moment de traverser le pont, j'ai un malaise intérieur, je pénètre dans un lieu signé l'enfer. La perte de son identité, de l'humanité, la naissance de la souffrance jusqu'à l'aboutissement de la vie. Il n'y avait pas, à ce moment-là, de différences sociales, religieuses, philosophiques et surtout linguistiques : tous unis pour arrêter le nazisme.

Malheureusement, comme dans tout conflit, tandis que les uns s'unissaient (et ici notre devise est tout à fait justifiée), d'autres s'allièrent à l'ennemi et ce fut pour beaucoup de prisonniers la plus terrible blessure morale : "un Belge trahissant et maltraitant un autre Belge "... En pénétrant dans le fort, les murs me glacèrent et surtout, la vision des poteaux d'exécution, me figèrent un moment sur place. Comme paralysée, je ne parvenais plus à en détacher mon regard : e s t - ce po s s i b le ??? En arrivant sur le lieu des commémorations, je découvre le cénotaphe, entouré d'élèves de l'Ecole Royale Militaire en grand apparat, c'était vraiment émouvant !

Je savais que la flamme venait du Soldat Inconnu, ce qui renforça mon émotion, mais l'apogée apparut au moment où l'on nomma un par un et décora les survivants du camp. Je ne pourrai jamais traduire l'immense respect que je ressentais envers ces hommes et ces femmes ! Les témoins vivants de ce site où la mort suinte de toute part :
- l'herbe où vous marchez, qui a aspiré les traces ensanglantées
- les vestiges des murs du fort qui sont remplis de cris
- les poteaux d'exécution qui ont retenu les derniers battements de cœur.
Et ce silence qui vous déchire les tympans ! 

Ce qui me plongea dans un immense chagrin, c'est la phrase prononcée en cours de cérémonie, et qui en quelques mots, sema en moi un terrible doute ; l'annonce que cette cérémonie serait peut-être la dernière ! D'abord, j'ai cru mal comprendre, un moment de réflexion me ramena à la réalité du temps présent : La question du séparatisme ? Bien sûr ! C'est impossible - Cela ne peut être ! Nous sommes Belges avant tout et notre devise est si belle " l'Union fait la force ". Quelle merveilleuse devise et d'une réalité prouvée.

En tant qu'être humain, nous avons tous les mêmes besoins, nous rêvons tous d’une vie heureuse, paisible, la plus aisée possible. Personne n'aime les conflits, nous sommes en quête de bonheur constant, et notre sang est toujours rouge. Nous ne pouvons être des frères ennemis car nous nous affaiblirions, mais bien évidemment, il nous faut être à l'écoute de l'autre, échanger nos aspirations mutuelles. D'autre part "on ne peut se séparer de son passé sans se mutiler".

Je pense donc que si nous pouvons tolérer que l'autre s'épanche sur nous, nous pouvons ensemble construire un avenir positif en évitant de refaire les mêmes erreurs.... Ce serait tellement mieux pour tous.

Pendant ce temps, la nomination individuelle de tous ces héros continuait ; ensuite, chaque représentant déposait les couronnes en mémoire des morts sacrifiés pour la Belgique. Régulièrement, de très gros nuages gris pleuraient sur le site, l'humidité me faisait frissonner et, honteuse, je me redressais en regardant le ciel et tentais de lui dire que notre sensation de froid était bien ridicule à côté de ce qu'avaient souffert au même endroit, nos anciens.

La cérémonie se termina par "le Chant du Marais", le "Chant des Martyrs de Breendonk" et le "Chant des Partisans", hymne de la Résistance. Enfin, l'espérance "l'Hymne à la Joie" des Européens.

Cette partie m'interpella plus encore. Ne dit-on pas que les états d'âme sont révélés à travers la musique et les chansons, donc si pleines de tristesse elles peuvent être gorgées, si pleines d'espérance sont-elles gonflées.... Au moment du départ, je me sentais hésitante ; d'abord partagée entre le sentiment d'abandonner le chuchotement plaintif qui émanait du site et de vouloir panser les plaies douloureuses de ceux qui vivaient là pour l'éternité ; et d'autre part l'envie de leur hurler un merci qui ne s'arrêterait pas. La réalité me ramena dans le temps présent, car il fallait nous ranger pour partir en défilant devant les tribunes.

Cette commémoration m'apporta beaucoup de réflexions enrichissantes dans l'espoir de me conforter davantage lorsque, passant devant une tribune j'entendis : "vive la Belgique - vive Pro Belgica" !

Un instant, un sourire illumina mon visage mais, déjà nous emboîtions le pas qui nous menait vers la sortie.

Troublée par ces multiples émotions, d'un pas décidé mais très émue (j'étais devenue indifférente à la pluie...), en repassant devant "le wagon" - dernier vestige matériel de ce temps maudit, je marque un dernier arrêt ; à ce moment-là, j'entends une voix derrière moi, dire : "..... si tu savais ce que j'en ai vu dans ces wagons... - de ces wagons...".

Je n'ai pas osé me retourner, j'étais gênée ! Je savais que "ce monsieur" était un rescapé des camps de la mort.

Je courbais donc la tête et, timidement, je poursuivis le chemin vers la sortie.

Nadine ROCHETTE
Porte-drapeau de Pro Belgica ce jour-là

mercredi 19 octobre 2011

Communiqué

Nous sommes contre la proposition de loi sur l'amnistie déposée par le Vlaams Belang au Sénat. Comme l'ont déjà fait certaines d'entre elles (Ham-sur-Heure, Pont-à-Celles, Courcelles, Leuze-en-Hainaut, Charleroi, La Louvière, p.ex.), nous demandons à toutes les communes des provinces de Hainaut et de Namur de voter une motion contre cette proposition de loi.
Pro Belgica Hainaut et Pro Belgica Namur
Association Régionale des Militaires Belges en Allemagne
Comité de la Mémoire de Mont-de-l'Enclus
Relais de la Mémoire de Mont-de-l'Enclus
BPlus Hainaut
Association patriotique de Bougnies
Provinciale du Hainaut de la Société Royale Philanthropique des Médaillés et Décorés de Belgique
Régionale de Charleroi de la Société Royale Philanthropique des Médaillés et Décorés de Belgique
Comité de liaison des associations patriotiques de Charleroi
Fraternelle Royale de la 4ème Brigade d'Infanterie "Steenstraete" - section Hainaut
Section de Buvrinnes de la Fédération Nationale des Combattants de Belgique
BUB Hainaut
Front Unique National des Anciens Combattants
Union de Défense et des Intérêts des Anciens Combattants
Section de Leuze-en-Hainaut de la Ligue Royale des Vétérans du roi Léopold III
Entente des Groupements Patriotiques d'Obourg
Pour associer votre association à ce communiqué pour le mois de novembre, écrivez-nous à prov.namur@probelgica.be.

dimanche 16 octobre 2011

Pro Belgica dans "Koppen" de la chaîne de télévision Één

Le 6 octobre, le programme "Koppen" de la chaîne Eén a diffusé un reportage ayant pour thème : 3 op 4 Vlamingen zijn er trots op om Belg te zijn (3 Flamands sur 4 sont fiers d'être Belges).

Le reportage porte sur une enquête suite aux chiffres de ce récent sondages et évoque les cérémonies qui se sont tenues le 24 septembre sur la Places Martyrs célébrant les 181 ans de la Belgique, organisées par Pro Belgica, les Volontaires 1830 et la Ville de Bruxelles. La présidente de Pro Belgica, Jacqueline de Montjoye, et le responsable de la section de Flandre orientale, Peter Broos, comptent parmi les divers intervenants.

(Images Eén)

Place des Martyrs (Images Eén)

Jacqueline de Montjoye (Images Eén)

Peter Broos (Images Eén)


Ce reportage peut être visualisé en intégralité sur le site de la chaîne : ici

mercredi 5 octobre 2011

Les provinces de Flandre occidentale et Flandre orientale

Le territoire qui, plus tard, constitua la Flandre était habité, avant la conquête romaine, par des tribus d’origine celtique et germanique : les Atrébates, les Morins et les Ménapiens. Dans la seconde moitié du IIIe siècle, des Frisons et des Saxons, fondèrent des colonies de peuplement en certains points de la région côtière, mais un affaissement du sol provoqua des inondations qui les en chassa, en même temps que les autochtones romanisés. Quand la mer se retira, les Francs Saliens prirent possession, au Ve siècle, d’une contrée presque déserte.

L’étymologie du mot « Flandre » (Flandris vers l’an 700 et Flandra puis Flandria au IXe siècle) a donné lieu à de multiples interprétations.

Pour Gijseling, il dériverait du frison « flâm » - terre inondée, polder – d’où viendrait également « flamand » et « vlaming » et du suffixe « thra » existant dans quelques dérivés abstraits. Vercouillie et Van Ginneken rattachent le nom à un terme frison qui veut dire « fuir », signification justifiée par le fait que les Flamands qui avaient passé l’Escaut et le Zwin auraient été traités d’« émigrés ».

Le point de vue de Carnoy consiste à regarder « Flandra » comme un pendant de « Tehswandra » (Toxandre), c’est-à-dire comme un composé de « flâm » avec la finale « wandra », terminaison de noms de population .

Au IXe et Xe siècles, on employait régulièrement le mot « Flandre » au pluriel : Flandriæ, comes Flandrianum. La forme « Flandrum » engendra « Vlaanderen » et fut latinisée en « Flandria ».
Enfin, en celtique, « vlae-land » signifie « le pays de la pluie » et il est donc également possible que « vlae land » soit à l’origine de « Vlaanderen ».

Une tradition légendaire s’est formée sur les origines du comté de Flandre. Charlemagne aurait donné cette « terre bréhaigne, peu valant et pleine de palus » à un très noble baron nommé Liederic. Au IXe siècle, Baudouin Bras de Fer, personnage qui était déjà puissant dans les régions septentrionales du bassin de l’Escaut où il guerroyait contre les Normands, enleva Judith, fille de Charles le Chauve et veuve du roi anglo-saxon Ettelwolf. Le roi de France dut bien accepter ce gendre fougueux a qui il donna en fief la marche de Flandre qui se composait de quatre districts principaux : le pagus Mempicus (comprenant le pagus Flandrencis et le pagus Tornacensis) et les pagi Taruacensis, Bononiencis et Atrebatensis.

La dynastie fondée par Baudouin Bras de Fer et la princesse carolingienne Judith prit fin avec Baudouin VII qui mourut sans enfants, en 1119 et laissa le comté de Flandre à son cousin Charles de Danemark, dit le Bon, qui fût assassiné en 1127 par le chancelier de Flandre. Louis le Gros, roi de France, voulut remplacer le défunt par un chevalier normand, Guillaume Cliton, mais les Flamands s’insurgèrent contre leur suzerain et choisirent pour comte, Thierry d’Alsace, petit-fils de l’ancien comte de Flandre, Robert le Frison.

Baudouin V, comte de Hainaut, succéda à Philippe d’Alsace en 1191, sous le nom de Baudouin VIII. Son fils, Baudouin IX, devint empereur de Constantinople en 1204 et les deux maris successifs de sa fille Jeanne, Ferrand de Portugal et Thomas de Savoie, portèrent le titre de comtes de Flandre et de Hainaut.

Marguerite de Constantinople, fille cadette de Baudouin IX, épousa en premières noces Bouchard d’Avesnes et, en secondes, Guillaume de Dampierre. Le comte de Flandre revint au fils de ce dernier, Gui de Dampierre et de Hainaut à Jean, fils de Bouchard d’Avesnes.

Robert III de Béthune succéda en 1305, à Gui de Dampierre et à la mort de son fils ainé, Louis de Nevers, le comté de Flandre passa à Louis de Male. Marguerite de Male, fille unique et héritière de ce dernier, épousa en 1369, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi et en 1419 Philippe le Bon réunit le comté de Flandre à ses états. En 1482, à la mort de Marie de Bourgogne, épouse de Maximilien d’Autriche, la Flandre entra dans la maison de Habsbourg puis, après l’abdication de Charles V, dans celle d’Espagne. En 1713, les Pays-Bas passèrent sous la souveraineté de l’Autriche.

Les Provinces belges, conquises par la France en 1792, reprises par l’Autriche l’année suivante, furent incorporées à la France en 1797 par le traité de Campo-Formio. De 1794 à 1814, la Flandre fut divisée en deux départements : celui de la Lys et celui de l’Escaut, ayant respectivement Bruges et Gand pour préfecture.

Cette scission se maintint sous le régime hollandais et, en 1830, l’ancien comté de Flandre, amputé de la Flandre zélandaise, donna naissance à deux provinces : la Flandre occidentale avec Bruges comme chef-lieu et la Flandre orientale avec Gand.

Louis de Male avait été le dernier dynaste particulier de la Flandre. Le titre de comte de Flandre fut porté, après lui et jusqu’à la fin de l’Ancien régime, par les souverains successifs de la Belgique.

Le titre de comte de Flandre fut octroyé, le 14 décembre 1840, au prince Philippe-Eugène, fils puiné de Léopold Ier et futur père du roi Albert Ier. Le prince Charles de Belgique en fût ensuite le détenteur jusqu’à sa mort en 1983.

Bernard Coomans de Brachène
Membre de Pro Belgica
Administrateur de Pro Belgica

La province du Limbourg

Le mot « Limbourg » – qui s’orthographiait en 1093 « Lintburch » et « Lemburg », ce qui signifie « bourg aux tilleuls » - a d’abord désigné une localité de l’actuel arrondissement de Verviers puis il est passé au duché de Limbourg et, plus récemment, à la province du même nom qui est constituée, non pas par le pays de Limbourg mais par l’ancien comté de Looz.

Lorsque Jules César entreprit la conquête des Gaules, il trouva dans l’Eburonnie, l’autorité partagée entre deux chefs dont l’un, Ambiorix, commandait à la partie du pays correspondant au futur duché du Limbourg et l’autre, Cativulx, à celle qui fut plus tard la Principauté de Liège. Les Francs Saliens s’y établirent au commencement du Ve siècle et, lors du partage de l’empire de Charlemagne, le Limbourg fit partie des possessions de Lothaire.

Le premier seigneur héréditaire limbourgeois sembla avoir été, au début du XIe siècle, Frédéric, fils puiné du comte de Luxembourg. Judith, fille de Frédéric de Luxembourg, épousa Waléran II, comte d’Arlon, qui descendait des comtes d’Ardenne par son père, des rois de France et des empereurs d’Allemagne de la maison de Saxe, par sa mère. Ce Waléran prit le titre de comte de Limbourg et fonda une dynastie qui compta notamment Henri de Limbourg. Ce prince succéda, en 1100, à Godefroid de Bouillon dans la dignité de duc de Lothier que l’empereur Henri IV lui retira, six ans après, pour la donner à Godefroid le Barbu, comte de Louvain. La descendance masculine des comtes de Limbourg s’éteignit avec Waleran IV. Son gendre, Renaud de Guelde, prit, vers 1270, la qualité de duc de Limbourg. Il fut vaincu et fait prisonnier à la bataille de Woeringen à la suite de laquelle Jean Ier annexa à son duché de Brabant, celui de Limbourg. Depuis cette époque – ou, plus exactement, depuis l’extinction des comtes de Fauquemont qui poursuivirent la lutte contre les Brabançons – et jusqu’à la Révolution française, le Limbourg n’eut plus d’existence individuelle.

La configuration de la province de Limbourg moderne est approximativement celle de l’ancien comté de Looz dont l’origine n’est pas connue avec certitude mais semble devoir être cherchée dans un démembrement du domaine campinois que possédait, vers l’an 1000, le comte Ansfrid, évêque d’Utrecht.Le siège primitif de ce comté semble avoir été Hufte ou Hocht, localité voisine de Maestricht. Au début du XIe siècle, il fût transféré à Looz où l’existence d’un château fort est signalée dans un acte de 1016. Cette forteresse était la résidence habituelle de comtes qui en prirent le nom pour le donner ensuite à leur comté dont le plus ancien seigneur connu fut Gielebert que l’on trouve cité, avec la qualification de « Comes de Looz », de 1015 à 1034.

Hemricourt, l’historien des nobles de la Hesbaye, rapporte que Jeanne de Looz, fille unique du comte Arnould de Looz, épousa, contre la volonté paternelle, son écuyer, Guillaume d’Oreye, dont elle eut un fils, Arnould de Rummen, qui revendiqua le comté de Looz que son oncle, Louis de Looz, avait légué à un autre des ses neveux, Thierry de Heinsberg. Une guerre s’ensuivit qui se termina par l’assaut victorieux des Liégeois contre le puissant château fort de Rummen et la réunion définitive du comté de Looz à la principauté de Liège.A partir de 1366 et jusqu’en 1581, les princes-évêques de Liège se firent inaugurer à Looz en tant que comtes de Looz et y prêtèrent le serment de maintenir les droits, privilèges, franchises et anciennes coutumes de leur comté.

Sous l’occupation française, l’ancien comté lossain devint le département de la Meuse inférieure avec Maestricht comme préfecture. Le 12 septembre 1814, les territoires situés à la droite de la Meuse et faisant partie des anciens départements de la Meuse-Inférieure, de l’Ourthe et de la Sambre-et-Meuse, furent réunis en un département « de la Meuse et de l’Ourthe » ayant Liège comme chef-lieu.

Un an plus tard, le roi Guillaume décida de reprendre le nom perdu de Limbourg et de le donner à l’ancienne Meuse-Inférieure. La Province de Limbourg, la ville de Maestricht exceptée, fit partie du royaume de Belgique jusqu’en 1839, année au cours de laquelle – en vertu du traité des XXIV articles – sa portion orientale fut cédée définitivement aux Pays-Bas.


Bernard Coomans de Brachène

Membre de Pro Belgica
Administrateur de Pro Belgica